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Entrevue avec Martine Beaulne 24 min. 15 sec.

Les pieds des anges

d'Evelyne de la Chenelière

" Reconnaissance, tel est notre façon de vouloir exister. "

Critique d'Andrée

Dès l'entrée en salle, nous sommes interpellés par le décor épuré. L'immense anneau suspendu au plafond nous identique immédiatement que la pièce ne sera pas ordinaire. Au fond de la scène, un gigantesque écran de projection qui fige une image démesurée de l'époque de la Renaissance.

L'image de l'homme en croix de Léonard De Vinci est le symbole majeur de la pièce. L'anneau au plafond, les lignes tracées, comme le symbole, sur le sol et les personnages qui gravitent l'intérieur est ingénieux et très intéressant visuellement.

Renaissance, reconnaissance, suspendu, pendu, ses mots sont des leitmotivs de cette pièce grandiose et magnifiquement mise en scène par Alice Ronfard.

Les personnages sont les reflets des uns et des autres. C'est lors de leurs rencontres qu'ils se voient, modèlent et s'épanouissent. Les parents et amis de Marie sont suspendus à elle par l'admiration et l'excès de reconnaissance pour Marie de la part de presque tous les personnages est démesurée. Je dis presque tous car il y en a un qui la reconnaît comme elle est réellement et c'est Romain. Et c'est pourquoi elle se sent intimidée par lui mais avec qui une réel relation de proximité se fait.

La salsa, trop près du corps et de la sensualité, est pour Marie incompatible avec elle. La salsa est une métaphore très intéressante, qui revient en boucles et qui nous démontre graduellement la progression et l'évolution des personnages. Alors qu'il est extrême dans sa forme pour Marie, c'est tout de même là qu'elle désire se réconcilier avec sa sœur Karine plutôt que sur le plateau de tournage où tout est artificiel et loin des sensations. Car elle veut maintenant sentir son corps de plus en plus au fil du déroulement de la pièce.

La reconnaissance se fait également, et avec beaucoup d'humour, lors du tournage où les figurants, cachés sous de grands voiles noirs, se ventent et se pâment envers l'autre. La reconnaissance, c'est très important.

Les images, de l'époque de la Renaissance à l'époque du Pop arts avec une photo de Marilyn Monroe d'Andy Warhold, défilent sur le fond d'écran au rythme de l'évolution et des émotions que vivent les personnages.

" Les pieds des anges " est une pièce qui porte à réfléchir sur l'existence et de notre reconnaissance face à nous mais aussi face aux autres ici-bas. Andrée Parent

LES PIEDS DES ANGES ou De l’inquiétude existentielle à travers la représentation des anges, et de l’apparition de leurs pieds dans l’art de la Renaissance

PRODUCTION ESPACE GO
TEXTE D’EVELYNE DE LA CHENELIÈRE1
MISE EN SCÈNE D’ALICE RONFARD2
AVEC ENRICA BOUCHER3 + SOPHIE CADIEUX4 + MIREILLE DEYGLUN5 +
DIANE LAVALLÉE6 + HUBERT PROULX7 + ANDRÉ ROBITAILLE8 +
ISABELLE ROY9 + MANI SOLEYMANLOU10 + ERWIN WECHE11

Du 31 mars au 25 avril 2009

La pièce LES PIEDS DES ANGES traite du rêve individuel et collectif et met en scène une jeune femme qui tente de comprendre son entourage comme s’il s’agissait de systèmes solaires… mais le problème c’est que tout le monde veut être le soleil.

Assistance à la mise en scène et régie :
Guillaume Cyr
Décor : Gabriel Tsampalieros
Costumes : Maryse Bienvenu
Lumières : Caroline Ross
Musique : Simon Carpentier
Réalisation vidéo : Yves Labelle
Maquillages : Jacques-Lee Pelletier
Coiffures : Matthieu Tessier
Une production ESPACE GO

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Critique d'Andrée

Blue hart de Caryl Churchill.

Mille fois bravo ! J'ai découvert une auteure extraordinaire grâce à Martine Beaulne. Blue hart est une pièce réglée au quart de tour mais les personnages, eux, ont besoin d'être ajustés. Je m'explique. Les personnages joués sous différentes formes évoluent de différentes manières. La même scène revient sans cesse. Et le point de départ est l'arrivée de leur fille. La scène démarre à chaque fois au même point de départ et des dialogues s'ajoutent au fur et à mesure que les scènes se répètent. C'est un éternel recommencement. C'est comme regarder un film et de décider de le regarder à reculons. C'est comme écouter un magnétophone et de décider de l'écouter à reculons par petites secousses très courtes. Une réelle aliénation des personnages mais aussi du spectateur. Mouvements normaux, au ralentis, accélérés et enfin détraqués comme des automates dont les connections électroniques disjonctent. J'ai adoré ce côté absurde de la pièce. La pièce ne n'est pas basée sur le texte mais sur le jeu des comédiens qui sont vraiment extraordinaires. Leur jeu est d'une justesse incroyable ! Leur interaction est vraiment très intéressante. Mais ce qui gênait un peu le jeu par moment, c'est la tendance vers le mime. Certains gestes trop marqués étaient inutiles et parfois même dérangeants. Le jeu de la comédienne Louise Laprade ressemble à Alice au pays des merveilles. Son personnage ressemble à une petite fille qui évolue sur scène comme si elle faisait du ballet. Pourquoi ? J'aimerais bien le savoir ? Car elle détonnait des deux autres personnages. Pour ce qui est de la pièce Cafetière Bleue, elle est tout à fait géniale. Gabriel Sabourin, qui joue dans les deux pièces successivement, est vraiment excellent. Les comédiennes qui l'accompagnent dans le jeu sont tout à fait magnifiques. Cafetière et bleue s'insèrent de plus en plus dans les textes à un point tel que l'on en perd le sens des conversations. C'est génial !! J'aurais aimé avoir pensé faire ça avant l'auteure. Quelle bonne idée ! Et ce qui est délicieux dans cette pièce, c'est lorsque les deux mères se rencontrent. Je ne vous en dit pas plus pur ne pas vous dévoiler le punch. Dans les deux pièces, les personnages évoluent dans une structure et un décor rigides. Carré, couleur neutre qui donne une atmosphère froide. Elle est la métaphore des personnages, froids, individualistes et artificiels. Une 1h30 de pur délice. Merci Martine ! Andrée Parent

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Photo : Marlène Gélineau

Le public d’ESPACE GO retrouvera avec plaisir Martine Beaulne qui signe la mise en scène de la tragicomédie hautement théâtrale TOUTEFEMME (15 mars au 12 avril 2008) de Péter Kárpáti. TOUTEFEMME réunit une importante distribution – Alexandre Bisping, Gary Boudreault, Bénédicte Décary, Marc-Antoine Larche, Dominique Leduc, Normand Lévesque, Jean Maheux, Monique Miller et Dominique Pétin – autour d’Annick Bergeron dans le rôle central d’Emma : la quarantaine, échevelée, surmenée, monoparentale, à qui l’on annonce qu’elle doit se préparer à mourir mais qui n’en a pas le temps puisqu’elle est aux prises avec mille soucis et mille détails encore à régler.

La direction artistique d’ESPACE GO encourage la continuité des partenariats avec les compagnies qui se produisent dans son Théâtre.

Le Théâtre PàP fête ses 30 ans dans un heureux medley de trois de ses coups de cœur pour l’Amérique. À la demande générale, le PàP propose en reprise LE TRAITEMENT (5 au 20 octobre 2007) de Martin Crimp – avec Peter Batakliev, Félix Beaulieu-Duchesneau, Violette Chauveau, Amélie Chérubin-Soulières, Francis Ducharme, Catherine Larochelle, Widemir Normil, Gilles Renaud et Catherine Trudeau – et EVERYBODY’S WELLES POUR TOUS (23 octobre au 3 novembre 2007) – avec Patrice Dubois et Stéphane Franche. En fin de saison, dans une mise en scène de Claude Poissant, le PàP présentera le plus récent texte de Larry Tremblay, ABRAHAM LINCOLN VA AU THÉÂTRE (22 avril au 17 mai 2008), un texte qui navigue entre le burlesque et l’opéra et qui pose un jugement sans pitié sur l’Amérique – avec Patrice Dubois, Maxim Gaudette et Benoît Gouin.

Les femmes directrices et metteures en scène du Théâtre de l’Opsis et de Transthéâtre reviennent enrichir cette programmation 2007-2008 haute en rebondissements avec leurs couleurs singulières.

L’Opsis poursuit son Cycle états-unien avec COMMENT J’AI APPRIS A CONDUIRE (13 novembre au 8 décembre 2008) de Paula Vogel dans une mise en scène de la directrice de la compagnie, Luce Pelletier.

Brigitte Poupart, gagnante du concours Studio à Rome du Conseil des arts et des lettres du Québec, passera donc trois mois en Italie afin d’écrire LE JOUR OÙ L’AUTRE… (19 février au 8 mars 2008) qui rassemblera sur scène Monique Mercure, Betty Bonifassi (Les Triplettes de Belleville, DJ Champion) et Brigitte Poupart. Le spectacle s’inspire du personnage mythique de Jeanne d’Arc. Il s’agit d’un échange épistolaire entre différents personnages réels et fictifs qui, telles des Jeanne d’Arc, renversent l’ordre des choses.

Pour le plus grand bonheur du public, ESPACE GO accueille le Théâtre Galiléo. Après un vif succès en novembre 2006 lors de sa création, MONSIEUR MALAUSSÈNE AU THÉÂTRE (6 au 29 septembre 2007) de Daniel PennacFestival international de la littérature et avec le soutien d’ESPACE GO. Ce spectacle festif mis en scène par Marc Béland sera présenté dans la petite salle – avec Vincent Magnat et Charmaine Leblanc.

Enfin, le spectacle LA PROMESSE DE L’AUBE de Romain Gary prend les routes du Québec pour 37 représentations à l’automne 2007. Cette mise en scène d’André Melançon, avec 7 comédiens dont Andrée Lachapelle, Patrick Goyette et Paul Savoie a remporté un grand succès l’an dernier et est fort attendue en région.

Billetterie 514 845 4890 ou admission: 514 790 1245 ou www.admission.com
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ESPACE GO est situé au
4890, boulevard Saint-Laurent, Montréal
Près de l’intersection Saint-Joseph
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