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Oreille, tigre et bruit au Théâtre d'Aujourd'hui dès le 1er avril

Texte Alexis Martin // Mise en scène Daniel Brière

Distribution Christian Bégin, Evelyne de la Chenelière, Éloi Cousineau, Patrick Drolet, Fanny Mallette et François-Étienne Paré


Communiqué pour diffusion immédiate Montréal, le 25 février 2008

Assistance à la mise en scène et régie Nadia Bélanger // Scénographie et accessoires Jonas Verof Bouchard // Costumes Claire Geoffrion // Éclairages Nicolas Descôteaux // Musique originale John Réa // Vidéo Yves Labelle

Hubert Alain est animateur de radio. Sur le plateau de son émission, Le cercle de Montréal, il reçoit des romanciers, des chercheurs, des universitaires... des personnages qui tiennent et " retiennent " des discours. Hubert Alain entend donc beaucoup de mots. Des tonnes de mots. Mais il entend aussi un bruit. Un bruit de fond que ni lui, ni son médecin n'arrivent à expliquer. Est-ce que c'est possible qu'il y ait une quantité limitée de mots… de sons qu'on puisse absorber ? Je veux dire, peut-être, que si on dépasse, si on crève un certain plafond, l'oreille bloque. Hubert Alain est saturé. Quand il se lève la nuit pour profiter du silence, il réveille, malgré lui, sa femme Claire et la nécessaire communication recommence. Et dans son oreille, il y a toujours le même bruit.

Avec la pièce d'Alexis Martin, on plonge dans le subtil bourdonnement de l'ère de la communication. Les personnages tanguent avec finesse entre une thèse et sa caricature, multipliant les discours jusqu'à l'abîme, la pièce devenant un discours sur le discours, entre autres, par les discours radiophoniques des invités du Cercle de Montréal. L'humour se mêle avec brio à une réflexion complexe sur les mots, leur pouvoir et leur valeur. Quel poids ont les mots qu'on dit à la radio ? À son médecin ? À sa femme ? Lesquels sont les plus vrais ? Lesquels contribuent au bruit de fond ambiant ? (Si, bien sûr, une telle chose existe…) Peut-être qu'à force de dérapage verbeux, le langage et les thèses peuvent s'user et devenir du bruit. Comme celui qu'entend Hubert Alain. La solution, c'est alors de foncer dans la poésie, la fable. De partir avec le Dr Ming, l'acuponcteur, à la recherche de la cause du bruit et de trouver le tigre… Oreille, tigre et bruit déborde de fantaisie, de sens et de non-sens. C'est une pièce qui déroute et amuse. Un texte qui pose avec humanité le problème de l'hypercommunication.


Les moyens de communication se multiplient. Il y a les cellulaires, les messages textes, les messageries en ligne. Les sources d'informations aussi se multiplient : les chaînes télé, l'information en continu, les différentes radios, les sites internet. Partout et tout le temps ou presque, il est possible d'entrer en communication et de recevoir de l'information. On peut donc présumer que la quantité de mots que l'on émet et que l'on reçoit dans une vie a radicalement augmenté, pas nécessairement les idées ou les propos, simplement les mots…

Et s'il y en avait trop? Si les mots polluaient? Si le bavardage ambiant devenait un bruit de fond obsédant? Dans Oreille, tigre et bruit, le personnage central est victime de ce bruit de fond.

Hubert Alain anime une table ronde à la télévision. Sur son plateau, les intellectuels défilent, les discours aussi. Cette accumulation de discours, judicieux mélange d'opinions et de théories, crée un tourbillon autour de l'animateur. Plutôt que de construire du sens, ce tourbillon semble créer une distance avec la réalité : le fait que tous les discours s'équivalent donne l'impression qu'il n'y pas de prises possibles sur le monde. Les mots ne sont plus des repères mais des sons qui nourrissent le bruit dans l'oreille d'Hubert Alain. Épuisé, il en viendra à se réveiller la nuit pour profiter du silence. Il veut fuir le bruit de fond. Être dans la paix. S'habiter. Habiter son intériorité, le vide. On comprend. Mais qui fait encore ça aujourd'hui?

En tout cas, ça réveille et inquiète sa femme, Claire. À l'évocation de son besoin de silence, Claire ne manquera pas de rappeler à Hubert combien, eux, ils sont constamment dans un silence relatif. Ils ne se parlent plus. Et voilà qu'il se réveille la nuit pour profiter du silence? Ça a quelque chose d'étrange… Elle cherchera avec lui des explications. " Je suis peut-être devenu un bruit de fond. On est tous le bruit de fond de quelqu'un d'autre, j'imagine. " Dans cette réflexion croisée sur le couple et le monde de l'hyper-communication, le rapport à soi, c'est le silence, le rapport à l'autre; le bruit. Le couple devient alors inconfortable, le rapport à l'autre; omniprésent. La quête de paix se transforme en un nécessaire mais préoccupant repli sur soi.

L'hyper-communication ne semble plus enrichir le lien avec l'autre, mais au contraire, elle le brouille d'interférences et l'achève prématurément. Dans un monde trop bruyant l'échange est difficile. Assommé par les idées vides, le bavardage, coupé du sentiment de pouvoir aussi instinctivement donner du sens à sa vie, l'humain n'est plus dans le monde, mais en dehors. C'est ce qui arrive à Hubert Alain. Jusqu'à ce que la fable revienne et que la prise sur le réel soit à nouveau possible. Il faut ici un tigre, un symbole, un récit bien à soi pour guérir.

Avec Oreille tigre et bruit, Alexis Martin trace un portrait fouillé de ce monde explosivement volubile, qui à la fois nous enivre et nous étourdit.
Catherine Léger

Comédien, metteur en scène, auteur et scénariste, Alexis Martin conjugue ses multiples talents, tant à la scène qu'à la télévision et au cinéma. Fidèle complice du regretté Jean-Pierre Ronfard, il a cosigné avec lui les pièces Parade et Transit section 20. Il a aussi signé les adaptations de L'odyssée (en collaboration avec Dominic Champagne) et de L'Iliade d'Homère, présentées sur les planches du Théâtre du Nouveau Monde. On lui doit, entre autres, les pièces Hitler, Tavernes et Bureaux, dont la reprise était présentée au Théâtre d'Aujourd'hui en 2005. À titre d'interprète, il a participé à plus de trente productions dont L'hiver de Force de Réjean Ducharme, En attendant Godot de Samuel Beckett, Le Procès de Kafka et L'asile de la pureté de Claude Gauvreau. Multipliant les rôles à la télévision (Vice caché, Temps dur, Tabou, Un gars, une fille, Fortier) et au cinéma (L'audition, Nô, Un 32 août sur terre) l'auteur de Matroni et moi est aussi codirecteur artistique du Nouveau Théâtre Expérimental et membre fondateur du Groupement forestier du théâtre. Cette saison, il est de la distribution de Sacré Cœur présenté au NTE, dont il assume la mise en scène et cosigne le texte avec Alain Vadeboncoeur. Vous pourrez aussi le voir prochainement au grand écran dans Une Galaxie Près de Chez vous II (réalisé par Philippe Gagnon), Comme une flamme (réalisé par Sébastien Rose) et Babine (réalisé par Luc Picard).

Comédien, auteur et metteur en scène, Daniel Brière est également codirecteur artistique du Nouveau Théâtre Expérimental et membre fondateur du Groupement forestier du théâtre. Il a participé à près de vingt-cinq productions théâtrales dont Durocher le milliardaire de Robert Gravel, Les oranges sont vertes de Claude Gauvreau, Matroni et moi d'Alexis Martin et Talk-Radio d'Eric Bogosian. Il a mis en scène Au bout du fil, Des fraises en janvier et, au théâtre d'Aujourd'hui, Bashir Lazhar d'Evelyne de la Chenelière, avec qui il était aussi complice au texte et à la mise en scène d' Henri et Margaux et du Plan américain. Après avoir dirigé Taverne d'Alexis Martin, il a cosigné avec lui le texte et la mise en scène de La marche de Râma présenté au Nouveau Théâtre Expérimental. À la télévision, on l'a vu entre autres dans Les Bougons, Cauchemar d'amour, Un gars, une fille, Annie et ses hommes et Caméra café. Au cinéma, il est de la distribution de nombreux longs métrages dont Le Déclin de l'empire américain de Denis Arcand, Gaz Bar Blues de Louis Bélanger et La moitié gauche du frigo de Philippe Falardeau, qui le dirigeait aussi l' automne dernier dans C'est pas moi j'le jure.

Photos : Andrée Parent

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Des yeux de verre

Un thriller psychologique de Michel Marc Bouchard

texte : Michel Marc Bouchard

mise en scène : Marie-Thérèse Fortin.

avec : Guy Thauvette, Sylvie Léonard, Sophie Cadieux et Bénédicte Décary.

création : Théâtre d’Aujourd’hui

du 10 avril au 5 mai

DIX SOIRS COMPLETS
POUR DES YEUX DE VERRE DE MICHEL MARC BOUCHARD
les 10, 11, 12, 17, 18, 19, 22, 24, 25 et 26 avril
Première de presse le jeudi 12 avril à 20h

Production : Théâtre d’Aujourd’hui
Collaborateurs : Stéphanie Capistran Lalonde, Richard Lacroix, Mérédith Caron et Éric Champoux

En 1985, au Théâtre d’Aujourd’hui, on créait ma pièce La poupée de Pélopia. Cette oeuvre précédait Les muses orphelines et L’histoire de l’oie, deux autres pièces mettant en scène les blessures de l’enfance. À l’époque, je n’étais pas parvenu à aimer les personnages de cet univers noir. Les aimer autant qu’un auteur se doit de le faire en les abordant avec tous leurs paradoxes et leurs vérités, leur obscurité et leur lumière. J’avais tenté de pardonner à un père qui avait meurtri l’âme de son enfant et de pardonner à une mère qui, par son silence, était devenue complice du crime de son mari. J’étais juste arrivé à les juger. Et les plaintes incessantes de la victime avaient irrité mon inconfort. Après avoir maintes fois refusé que cette pièce mal-aimée soit à nouveau produite, l’obsession de l’oeuvre inachevée m’a assailli et dans un élan passionné, j’ai décidé de lui donner un nouveau souffle. Aujourd’hui, je vous livre avec Des yeux de verre les protagonistes de ce drame avec qui je me suis réconcilié. Ils reviennent après plus de vingt ans sur la scène du Théâtre d’Aujourd’hui, cette même scène où ils ont vu le jour. Et le bonheur de ces retrouvailles est doublé par celui de renouer avec Marie-Thérèse Fortin, celle avec qui j’ai fait mes premiers pas sur scène, il y a de cela… Éclairé par la pensée du grand Tchékov qui pourfend toute moralité, je déclare, tout comme lui, que je ne comprends rien à ce que je vois mais que je veux le partager avec vous.

Michel Marc Bouchard – Réécrivain

« On me ramène souvent des petites à qui il faut que je recolle un bras, que j’arrange la tête, que je replante les cheveux. (La regardant intensément.) On revient souvent me voir pour que je répare l’irréparable. » Maître Daniel

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