| Une entrevue avec Katia Lempkowicz Penny, du duo Poperetta. | |||||
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L'album À St-Tropez de Poperetta est un de nos coups de coeur de l'année. Cet été, nous avons demandé à Katia Lempkowicz Penny, chanteuse du duo Poperetta, si elle voulait bien répondre à nos questions par courriel. Pour notre plus grand bonheur, elle a accepté sans hésiter de se prêter au jeu. C'est le résultat de cette entrevue, réalisée par René Lapalme, que nous vous présentons ici. Si vous voulez en savoir plus sur Poperetta, vous pouvez visiter leur très beau (et très sympathique) site Internet au http://www.flowerrecords.com. Écoutez un extrait de leur chanson « Photogirl » pendant que vous lisez en cliquant ICI.
1. Andrée voulait savoir comment s'était fait votre rencontre « artistique ». Le fait que vous veniez de deux cultures différentes et que vous parliez également deux langues différentes vous a-t-il semblé un obstacle à une collaboration éventuelle, ou alors, est-ce que ça vous a paru au contraire comme une différence stimulante ? Notre rencontre était 100 % romance et de ce fait,
Greg et moi ne collaborerons artistiquement que bien plus tard. Ceci dit,
nous nous sommes rencontrés à Bruxelles. Greg était
venu en Europe pour explorer des possibilités de productions. Moi
, je travaillais a l'époque comme choriste. Nos différences
de langues et de cultures ont toujours été des atouts et
très rarement des obstacles. 2. Sur votre site, on dit bien que l'album est le résultat
du simple désir de s'amuser en studio. D'ailleurs, on a fortement
l'impression, tout au long de l'album, que vous vous êtes offert
un cadeau en le créant. Je me trompe ? Non, vous ne vous trompez pas du tout. Cela fait 18 ans
que Greg et moi sommes ensemble et nous avions toujours eu le désir
de faire un album. Poperetta est un vrai cadeau, non seulement pour nous,
mais aussi nos deux enfants Fanny et Félix. Quand on fait ce qu'on
aime, ce n'est pas du travail. 3. Aviez-vous déjà l'idée, avant
d'entrer en studio, de faire une sorte d'album « concept »
qui raconte une histoire, ou est-ce que l'idée s'est développée
en cours de route ? Oui ! Nous avions eu l'idée d'un album concept avant même de composer : l'histoire ainsi que la succession des chansons étaient déterminées. 4. D'où est venue, justement, l'idée
de raconter une histoire tout au long de l'album ? Nous avons toujours beaucoup apprécié les
comédies musicales. Films de Gene Kelly, Les parapluies de Cherbourg
ainsi que Starmania. De là nous est venu l'idee de faire
un album concept. 5. Il y avait une raison précise pour situer
le tout à St-Tropez, au soleil, ou est-ce que ça allait
de soi, parce que ça faisait tellement « vacances »,
justement ? Il est evident qu'il y a très peu de gens qui ne
connaissent ou n'ont jamais entendu parler de Saint-Tropez. Et quand on
pense aux vacances, la plage, le soleil, les petites rues bondées
de touristes bronzés et assis devant un verre de rosé ;
cela donne envie. Vous ne trouvez pas ? 6. Justement... Le contexte fait rêver. Il y
a un charme très particulier à ce genre d'histoire d'amour
qui se déroule, le temps d'un été, le temps que durent
les vacances, pour se terminer en un adieu... C'était l'ambiance
que vous vouliez créer ? Vous vouliez nous faire rêver, un
peu ? Sans vouloir être indiscret, vous aviez vous-mêmes vécu
ce genre d'histoire ? (On a presque envie d'aller à St-Tropez,
pour y vivre une telle passion, le temps d'un été...) À mon avis, les amours de vacance sont les meilleures
car elles nous emportent dans des moments passionnés sans pour
autant se sentir coupable. L'été est un moment qui pour
moi est un des plus romantiques. Les couples s'aiment, se découvrent,
rient, pleurent et s'attachent en sachant que leur rêve ne durera
que le temps d'un merveilleux été. 7. La chanson « Elle l'aime » apporte
une bonne touche d'ironie. C'était le regard que vous aviez vous-mêmes
sur l'histoire que vous aviez créée ? Vous voyez vraiment
l'homme de l'histoire comme un poseur ? (Ça donne un petit
côté Madamma Butterfly à la chose...) Ou est-ce celui
qui chante qui laisse parler sa jalousie ? Dans toutes les histoires d'amour, il y a un jaloux. Celui-ci
est assez sarcastique et pour lui, l'homme de l'histoire n'est qu'un poseur,
qui lui pique sa nana. J'aime beaucoup l'idée derrière cette
chanson et je dois avouer que c'est l'une de mes préférées. 8. Avez-vous eu du mal à décider de l'histoire racontée par l'album ou est-ce que, d'une certaine façon, l'histoire s'est imposée, car elle vous permettait d'exploiter le fait que vous êtes vous-mêmes issus de deux pays différents (et que, comme l'homme de l'histoire, Greg vous a rencontrée loin de chez lui) ? Il nous a été facile de mettre en scène notre petite histoire. Greg est un romantique et aime raconter notre rencontre. Poperetta à Saint Tropez est un peu notre histoire à nous. 9. Vous écrivez vous chansons à deux. Comment se déroule la collaboration ? Qui apporte les idées ? Y a-t-il un échange « égal » ? Greg et moi travaillons ensemble sur Poperetta. Nous échangeons
nos idées et nous nous entendons. Nous avons les mêmes goûts
et je dois dire que cela facilite les choses. En tant que couple, ce n'est
pas toujours facile, puisque nous sommes ensemble pratiquement 24 heures
sur 24, mais nous sommes toujours contents du résultat. 10. L'album est bilingue, ce que je trouve d'ailleurs
très intéressant. Par contre, était-ce pour vous
une source d'inquiétude ? Aviez-vous peur que cela puisse limiter
l'attrait de l'album pour certains, ou l'avez-vous tout simplement fait
sans y songer, pour vous faire plaisir, le côté bilingue
découlant naturellement de qui vous êtes tous les deux ?
Est-ce, en quelque sorte, ce qui fait l'originalité de Poperetta
: il faut trouver des histoires qui permettent d'exploiter la richesse
de vos différences ? Nous avions toujours eu l'intention de faire cet album en deux langues. Le côté billingue represente un peu l'evasion. Pour ceux qui ne comprennent pas les mots, ils se fient au rythmes et leurs imagination et se retrouvent ainsi dans une histoire qui pourrait tout aussi bien être la leur. 11. Vous pensez faire un spectacle à partir
de l'album ? Vu qu'il s'agit d'une histoire, comment penseriez-vous transposer
le tout sur scène ? Jusqu'a présent, nous n'avons pas de projet de spectacle. 12. Poperetta est un nom qui dit tout. Le groupe existera-t-il seulement le temps d'un projet, ou comptez-vous faire d'autres albums, toujours avec la même idée en tête : faire des « opérettes pop » en racontant des histoires ? Oui, l'idée de poperetta est de continuer à créer des opérettes pop en racontant des histoires et en invitant d'autres artistes. Nous avons déjà l'idée d'emmener Poperetta à Las Vegas pour une prochaine aventure. 13. Vous allez venir nous voir, à Montréal
? Nous aimerions beaucoup passer vous voir a Montréal.
J'ai entendu dire plusieurs fois que c'est une ville fantastique. 14. Le vidéo-clip de Photogirl est absolument
magnifique ! Pourquoi aviez-vous décidé de vous adresser
à cette équipe en particulier pour le clip ? Avez-vous collaboré
étroitement avec eux pour la création du clip ? Comme l'album
forme un tout, les autres clips, s'il y en a, seront-ils sur le même
ton, ou créés avec la même équipe ? Autrement
dit, y aura-t-il également une « histoire »
racontée avec les vidéos clips ? Kuntzel et Degas sont des amis à nous. Ils vivent
a Paris et ont énormément de succès. Ils font des
pubs et des vidéos (Yves St Laurent , Bourgeois etc.). C'etait
un vrai cadeau quand ils ont accepté de faire un clip pour Poperetta.
Nous leur avons laissé carte blanche sachant que se serait parfait.
Nous aimerions faire d'autre clips et il est bien entendu que nous restions
sur le même thème. 15. Flower Records est encore toute jeune. Vous avez
des buts précis pour l'avenir ? Nous avons Greg et moi plusieurs projets ainsi que d'autres
artistes pour Flower Records. Greg a travaillé énormément
pour la monter et nous espérons la faire pousser en restant tout
autant indépendants. Ce n'est pas facile ! 16. Vous étiez très connue en Belgique,
surtout pour des publicités je crois. Travaillez-vous toujours
en Belgique à l'occasion ou est-ce que Poperetta et vos projets
solos vous ont permis de cesser de faire ce travail peut-être davantage...
« alimentaire » ? Ou alors, justement, avez-vous apprécié
ces années de travail peut-être davantage « anonyme
» ? Cela fait plusieurs année que je ne travaille, ni habite en Belgique. Je dois avouer que le climat de la Californie me convient mieux. Malgre cela, je repense souvent aux moments où je travaillais parce qu'il le fallait, mais aussi parce que c'était gai. Et même si le soleil ne brille que très peu au-dessus de la ville de Bruxelles, elle reste néanmoin dans mon coeur. Merci, et longue vie à l'émission Les Elles de la Culture. Katia.
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