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GALA CTVM 2003

La Personnalité CINÉMA de l'année

DENISE ROBERT
[productrice, Cinémaginaire]

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Pour sa détermination à ouvrir les portes des marchés étrangers avec "Les Invasions barbares" et "Mambo Italiano", en cette année où notre cinéma remporte un remarquable succès sur les écrans du Québec

Incontournable Denise Robert !

L¹année dernière, en faisant de Guy Gagnon notre Personnalité CINÉMA pour l¹année 2002, nous brisions quelques tabous en nommant un distributeur et faisions du même coup preuve d¹originalité. Après nous, les hommages et distinctions n¹ont pas manqué de souligner l¹apport du président de Vivafilm à l¹essor du cinéma québécois.

Cette année, en faisant de Denise Robert notre Personnalité CINÉMA pour l¹année 2003, nous nous inscrivons dans une suite d¹hommages rendus depuis cet été à la productrice québécoise des Invasions Barbares, de Mambo Italiano et de La petite Lili. On se rappelle que le Festival des Films du
Monde lui a rendu hommage. Le journal Playback vient de la nommer, en compagnie de Denys Arcand, Persons of the Year. Et la revue Commerce fait sa page couverture du mois de décembre avec Denise Robert en parlant de "L¹invasion Robert: la productrice la plus Hot du Canada". Soit!

Il ne faut pas en conclure pour autant que le choix de cette année était facile. Pour tout dire, il a été plus compliqué qu¹il n¹y paraît. Il faut en effet rappeler que 2003 a été incontestablement l¹année du cinéma québécois avec des succès populaires qui nous auront menés de Séraphin à Nez rouge, et qui auront permis à notre cinéma d¹occuper près de 20% de nos écrans. Un record étonnant quand on sait le pouvoir d¹attraction toujours aussi fort du cinéma américain. Aussi, à travers les nombreux succès du cinéma québécois sur nos écrans, bien des noms se sont imposés à notre considération. Mais,
immanquablement, celui de Denise Robert reprenait le devant de la scène. Les raisons sont en effet multiples.

Il y a tout d¹abord que proposer presque en même temps deux productions, très différentes de par leur facture, et en faire des succès populaires, cela ne s¹était jamais vu. Et pourtant Les Invasions barbares et Mambo Italiano sont arrivés, cet été, à séduire un très vaste public québécois. Et comme le premier était un film d¹auteur, et le second une production anglaise, le tour de force n¹en était que plus remarquable. Le partenariat des deux distributeurs québécois est ici à signaler: Vivafilm pour le
premier, et Equinoxe Films, pour le second.

Mais cette considération n¹aurait peut-être pas suffi à nous convaincre, s¹il ne s¹était pas ajouté ce formidable travail, effectué dès la mise en oeuvre de ces projets, pour la conquête des marchés étrangers. Car au moment où notre cinéma national semble avoir trouvé son public et consolidé sa
présence sur nos écrans, cette conquête des marchés étrangers est devenue une priorité et se présente comme le nouveau défi d¹un large secteur de notre industrie du long métrage de fiction. Dans un tel contexte, il faut bien reconnaître que Denise Robert a effectué, avec une persévérance et une ténacité qui forcent l¹admiration, un important travail pour que notre cinéma trouve un espace sur les écrans du monde.

Les Invasions barbares a gagné son pari en France, après les deux belles reconnaissances cannoises. Et même si une partie de la critique française n¹a pas aimé, le public, lui, a adoré et a réservé au film un beau succès avec, à ce jour, 1 300 000 entrées à travers la France. Il faut ici souligner l¹excellent travail effectué par le coproducteur français du film qui était aussi son distributeur, Pyramid Films.

Récemment, Denys Arcand recevait de la SACD le Prix Henri-Jeanson 2003 pour l¹ensemble de son oeuvre, alors que Les Invasions barbares était choisi par l¹Académie européenne du cinéma comme le meilleur film non-européen de l¹année; l¹emportant ainsi sur Mystic River de Clint Eastwood et Kill Bill
de Quentin Tarantino. La voie semble ainsi ouverte pour une nomination aux Oscar alors que son distributeur américain --la puissante Miramax-- a opté, dans un premier temps, pour une ouverture en douceur.

Du côté de Mambo Italiano, le premier marché "étranger" à conquérir était celui du canada-anglais, marché totalement dominé par les superproductions américaines et réputé réfractaire au cinéma canadien. Disons qu¹on aura eu droit à un demi-succès, grâce à l¹acharnement d¹Équinoxe Films. Avec le Canada, il restait à conquérir le vaste marché anglophone. Et à ce jour, on peut dire qu¹avec plus de 6 millions $ de recettes hors-Québec, Mambo Italiano est le film québécois ayant remporté les plus importantes recettes hors de son territoire. Là aussi, il faut signaler la présence de partenaires importants comme Samuel Goldwyn aux États-Unis, et Icon Pictures pour l¹Australie, la Nouvelle-Zélande et la Grande-Bretagne.

On comprendra que ces victoires restent relativement modestes. Mais dans un contexte où la libre circulation des films est assujettie à la formidable domination du cinéma américain, les récents succès de Denise Robert sont autant de brèches salutaires et importantes. Car maintenant, on sent qu¹il y
a un peu plus d¹espoir pour notre cinéma sur les écrans étrangers.

Pour ces raisons, Denise Robert s¹imposait comme notre Personnalité -CINÉMA de l¹année 2003.

Et un coup de chapeau à...

LORRAINE DUFOUR
[productrice, la Coop Video]

pour la constance de son soutien à un cinéma d¹auteur nécessaire, comme l¹attachant "GAZ BAR blues"

Lorraine Dufour fait partie de ces productrices québécoises (car elles sont quelques-unes, malgré tout) qui travaillent à l¹ombre des cinéastes qu¹elles soutiennent. Leur dévotion (il en faut dans ce métier de producteur-trice), leur fidélité, leur persévérance ont permis à tout un cinéma québécois d¹auteur de se faire, et de continuer à se faire, malgré un climat pas toujours propice à ce genre de cinéma. Également réalisatrice, Lorraine Dufour a cette particularité: elle pousse à l¹occasion son implication jusqu¹à monter les films qu¹elle produit. Le dernier en date est la production de GAZ BAR blues de Louis Bélanger qu¹elle a ainsi produit et monté.

Il est bon de rappeler que Lorraine Dufour travaille depuis 30 ans dans le milieu du cinéma et de la vidéo. Présidente de la Coop Vidéo de Montréal, elle est aussi présidente des Productions 23 Inc. Coréalisatrice avec Robert Morin dans les années 80 de nombreux courts et moyens métrages remarquables, elle recevait avec lui le premier prix Bell Canada du Conseil des arts du Canada en 1991 pour l¹ensemble de leur ¦uvre.

En fait, la complicité du réalisateur Robert Morin et de Lorraine Dufour, tour à tour monteuse ou productrice et bien souvent les deux à la fois, a mené à de multiples succès comme en témoigne le nombre de prix et distinctions reçus: Tristesse modèle réduit est mis en nomination pour le Gémeaux du meilleur film en 1998. L¹année suivante, La femme étrangère se voit attribuer un prix spécial du jury à Nantes. Requiem pour un beau sans-c¦ur (1992) est en nomination pour le Prix Génie du meilleur film et est sélectionné à la Semaine de la Critique à Cannes. Le film remporte le Prix Toronto-City du meilleur film canadien et le Prix Molson du meilleur film québécois. En 1998, Quiconque meurt, meurt à douleur est couronné du Prix du meilleur long métrage attribué par l¹Association québécoise des critiques de cinéma (AQCC). Toujours avec Robert Morin, Lorraine Dufour est monteuse de Windigo (1994) et productrice de Yes Sir! MadameŠ (1994), primé en Suisse et en Croatie.

Comptons aussi à son actif la production et le montage de Post Mortem de Louis Bélanger qui s¹est vu décerner pas moins de 14 prix au Canada et à l¹étranger, dont le Prix Jutra du Meilleur film et du Meilleur montage.

En 2000, Lorraine Dufour produit Mariages de Catherine Martin. Le film est en compétition au Festival des Films du Monde où le jury lui décerne le prix du meilleur scénario. Le film remporte ensuite le prix du meilleur long métrage québécois de l¹AQCC et entre dans la sélection 2002 du Forum du Jeune Cinéma à Berlin. Programmé dans vingt-deux festivals nationaux et internationaux, il a remporté deux prix à Vérone (meilleure réalisation pour Catherine Martin et meilleure actrice pour Marie-Ève Bertrand).

En 2002, elle produit Le Nèg¹ de Robert Morin et gagne encore le prix Jutra du Meilleur montage. Le Nèg¹ se retrouve parmi les Top 10 du Festival de Toronto et remporte le prix Coup de C¦ur SAQ des programmateurs des Rendez-vous du cinéma québécois.

Lorraine Dufour produit également des documentaires, parmi lesquels L¹Épreuve du feu (1997), prix du meilleur documentaire AQCC, (décidément, la critique aime ses productions!); Le Temps et le lieu (2000) de Bernard Émond et, maintenant, Paroisse St-Maurice du même réalisateur.

En 2002, reprenant sa fructueuse collaboration avec Louis Bélanger, elle produit et monte GAZ BAR blues, le deuxième long métrage de ce dernier. Présenté cette année en ouverture du Festival des Films du Monde, il allaitrecevoir le Grand Prix Spécial du Jury; le Prix du film canadien le plus
populaire du festival; et se trouvait en deuxième position lors de l¹attribution du 2e Prix du Public Air Canada.

GAZ BAR blues vient de terminer sa quatorzième semaine à l¹affiche avec un box-office approchant les 700 000 $.

Lorraine Dufour produit le prochain film de Robert Morin: T.G.I.F. (Thank Golf It¹s Friday) qui va nous plonger "dans le labyrinthe d¹un thriller psychologique où s¹affrontent un ancien policier, un pédophile et une schizophrène". À suivre.

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