| La page d'Andrée... Critiqu'Elles | |||||||
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Saints-Martyrs-des-Damnés de Robin Aubert. Un film fantastique et poétique qui nous donne des frissons tout au long du film. L'imagi-naire de Robin Aubert est débridé et éclaté. Un film surréaliste qui diffère de tout ce que l'on voit actuellement sur nos écrans. Un tantinet western, à la Clint Eastwood et Sergio Leone, poétique comme les toiles de Chagall, bucolique avec des images dignes de tableaux, Robin Aubert vient de créer un nouveau genre cinématographique au Québec. Et c'est tant mieux. Enfin ! BRAVO !!!
"Le Survenant" est un film très touchant, émouvant et fortement appuyé par des images d'une grande beauté. Dès l'ouverture, on plonge dans un univers magique avec les dessins extraordinaires en noir et blanc de Frédérick Back. L'idée du procédé technique pour le passage de l'été à l'hiver est excellente. Car elle nous fait ressentir le temps qui passe mais surtout le grand froid qui arrive. C'est aussi une très belle métaphore du personnage du Survenant. Bavo ! J'ai aussi aimé le clin d'oeil fait à l'une des scènes d'une autre film claissique québécois "Mon oncle Antoine". Et la magnifique photo de jeunesse de Béatrice Picard, que j'ai reconnue au premier coup d'oeil, est aussi un beau clin d'oeil fait à cette grande actrice. La musique de la série d'antan se fait parfois entendre et replonge certainement dans de bons souvenirs nos aïeuils. Et pour nous, se sera la même chose un jour lointain avec la sublime composition de Michel Corriveau et la douce voix de Sylvain Cossette. Anick Lemay est vraiment sublime dans son personnage de Angélina Desmarais. Elle est intense et joue la douceur et la candeur avec beaucoup de justesse. Toute la distribution est géniale. Bravo à tous et toutes ! À tous ceux qui ne connaissent pas cette magnifique histoire de Germaine Guévremont, je souhaite un merveilleux voyage dans l'univers de l'auteure. Un film qu'il faut voir absolument !!!
Jack Paradise écrit et réalisé par Gilles Noël. " On était pauvre mais on savait s'amuser " Griffintown ou Faubourg Saint-Antoine. 1929. Le Terminal Club. Jazz, jazz, jazz. Il n'y a que ça pour oublier la vie difficile de cette époque. Les pots de vin, les cigarettes girls, les danseuses, la prostitution et la mafia nous fait le portrait d'une époque enfumée dans le milieu des années 20 jusqu'à 60. " Le monde nous appartient " Avec des extraits de films d'archives et de radio, on peut voir et entendre Hitler faire des discours. Des bombardements en parallèle avec les scènes du club nous rappel la guerre. La guerre est là. Omniprésente. Roy Dupuis est vraiment extraordinaire et crédible dans son rôle de Jack Paradise. Vous aurez de véritables révélations concernant certains acteurs, tel que Hugo St-Cyr. Ce rôle est fait pour lui, sans aucun doute. Il est excellent ! Et Roxan Bourdelais, que l'on a pu voir aussi dans "Emma" et dans "Fortier", est vraiment très bon. Un jeune acteur rempli de talent. Il est à surveiller de près. Pour ce qui est de Dawn Taylor Warson, elle est fabuleuse ! Geneviève Rioux incarne très bien le personnage de Gisèle mais on sent un peu trop le personnage de Simonne Monet-Chartrand. L'époque n'aidant pas à cause des costumes et de la coiffure. Espérons que nous pourrons la voir bientôt dans une autre époque pour défaire l'image qu'elle a actuellement. Dorothy Berryman est sublime ! Gregory Llady incarne le patron du Terminal Club. Un bon patron discret, perspicace et au grand cur. Il aidera Jack, qu'il aime comme un fils, à atteindre son but : jouer de la musique jazz. Il y a de très belles scènes, par exemple, celle du train entre-mêlé au son de l'harmonica. Les textes sont très poétiques. La trame sonore est enivrante et nous donne envie de danser. Un film merveilleux et touchant qui vous fera voir et vivre la vie trépidante de cette époque sous un jour nouveau. Les larmes du cur nous montent parfois aux yeux. "Neuf" de Arthur Kopit Mise en scène de Denise Filiatrault "Neuf" est une comédie musicale romantique remplie de sensualité. Serge Postigo est flamboyant. Les comédiennes sont merveilleuses. Le décor simple et épuré laisse toute la place aux comédiens d'évoluer et de se mettre en valeur. La musique et les voix sont un pur ravissement. Les costumes sont fabuleux surtout ceux du french cancan. La mise en scène. Que dire. Elle est tout à fait géniale ! Un autre grande réussite pour la grande dame Denise Filiatrault. Une comédie musicale comme on en voit que trop rarement. "Des yeux de verre" de Michel Marc Bouchard. Vertige et fragilité. C'est ce que l'on ressent dès le premier coup d'il. Le grand escalier sans rampes et dans le " vide " et le plafond incliné vers les spectateurs qui fait la grandeur de la scène démontre immédiatement l'univers dans lequel nous serons " plongé ". Tout se passe vers le bas. Vers les entrailles. Les personnages doivent constamment descendre l'escalier pour être sur la scène. Une métaphore de l'intérieur des personnages, des bas-fonds de cette famille dis-fonctionnelle. Ils doivent descendre du " grenier " ou du " ciel ". Les portes en arrière-scène s'ouvre et se ferment comme une tranche guillotine. Le son qu'elles font le rappel aussi. " Je t'aime pas " dit à répétition la poupée dans les bras Maître Daniel qui imagine sans doute entendre la voix de sa fille Estelle. Les poupées sont la copie carbone de Pélopia. Maître Daniel et Brigitte sont les premiers à entrée en scène l'un après l'autre. Lui vêtu de vêtements aux couleurs neutres et elle tout en rouge de la tête aux pieds. Voici les deux principales oppositions et la mise en place de la pièce. Brigitte porte la robe rouge de sa mère. Elle se démarque immédiatement des autres personnages vêtus de vêtements aux couleurs neutres. Judith et Brigitte, deux prénoms à la même sonorité démontre un certain rapprochement entre les deux personnages. Tant physique, car Brigitte porte la robe rouge de sa mère, que psychologique car Judith autant que Brigitte tente de se rapprocher de Maître Daniel, l'époux et le père. On le verra clairement vers la fin de la pièce lorsque Brigitte portera la robe de mariée de sa mère et fera une tirade devant son père. Je le démontre un peu plus loin dans mon texte. Daniel et Estelle, deux prénoms à la même sonorité démontre également le lien particulier entre les deux personnages. Brigitte répète " une exception " plusieurs fois sans arrêt comme une poupée dont le disque saute. Elle s'évapore l'esprit et dédramatise les situations par l'absurde de cette façon. Pélopia est séparée de sa famille depuis 15 ans. À10 ans, elle est partie chez une de ses tantes, la sur de sa mère. Brigitte fait des appels à chaque année à Noël. Mais c'était le silence au bout du fil. Cela l'a visiblement traumatisé. Pélopia joue sur deux tableaux. Celle d'une visiteuse audacieuse intéressée à avoir une poupée qui lui ressemble puis celle de la fille qui vient exorciser son démon. Nous le ferons vers la fin de la pièce. " Des yeux de verre qui ne comprennent pas ", dit Pélopia. Elle tente par cette phrase de démontrer sa fragilité et son regard pur mais aussi ceux de sa poupée qui lui ressemble. Pélopia - Estelle. Est-ce elle ? me suis-je dit. Un jeu de mots et un lien qui mettait le spectateur sur une piste. Nous le ferons un peu plus loin dans la pièce. Pélopia à son père : " Pélopia est une légende grecque qui raconte le suicide d'une jeune fille qui s'est suicidée suite à l'inceste ". Elle tente de se faire intentionnellement démasquer. Mais celui-ci fait comme s'il n'avait rien compris. " J'ai été attaqué par la seule chose qui aurait pu m'aider " dit Pélopia en parlant de son père lorsqu'elle est seule sur la scène. Elle tente encore de se faire aider par son père afin de se délivrer du passé mais n'y arrive pas. " Comment une sourde et muette fait pour garder un
secret ? Elle se met des mitaines ", dit Brigitte. Elle fait, selon
moi, référence à sa mère qui ne veut pas entendre
ni voir la vérité en face. Le jeu de pair ou impair que font Brigitte et Pélopia avec les yeux de verre est un moment de vérité symbolique. Le résultat est pair. C'est Brigitte qui gagne au jeu. Un jeu de mot qui peut se traduire par " père " vue la situation. Il y a une certaine indécente lorsque le père prend des photos de Pélopia, qu'il semble ne pas la reconnaître mais qu'il reconnaît en réalité puisque même si elle s'est fait refaire le nez et les joues le faciès lui ne change pas. Il développe, et c'est le cas de le dire sans vouloir faire de jeu de mot, une fascination obsessive envers elle. De son côté, Pélopia joue un jeu de séduction malsain avec lui. On sent que quelque chose se dévoile lentement entre eux. Mais ils restent dans le non dit et l'absence de réalité. Pour l'instant. Après la visite de Pélopia, le père, habituellement indifférent, devient reconnaissant envers sa fille cadette. La complimente. Il dit à sa femme qu'elle est belle. On sent tout de suite que le personnage change d'attitude car il a retrouvé sa fille aînée. Il a un regain de vitalité qui s'opère en lui. Une sorte de jouvence qui le rend à la limite " amoureux " par transposition. Le père penché sur sa table de travail regarde les photos qu'il a pris de Pélopia. La poupée est sur la table de travail dans une pose érotique à la limite. Il fantasme sur les photos de sa fille à la limite de l'obsession et de la jouissance. Nous pouvons voir sur le plafond incliné la projection des photos et de la poupée. Ce qui créer l'amalgame des deux objets. C'est vraiment très ingénieux. Pélopia lui dit : " Bonsoir maître ". Venant de sa part on le prend à double sens. " Moi, je ne peux pas dire de secret mais ma poupée elle peut ", dit Estelle à sa mère. On sent qu'elle veut faire sortir le secret du silence par l'objet de " désir " fait à son image. Car la poupée est le papier carbone de Estelle. Ce qui fait référence directement à la citation ci-haut " des yeux de verre qui ne comprennent pas ". Le cillement revient mais de façon différente cette fois-ci. Cela se passe au moment où Judith est seule sur scène et parle du passé. C'est comme si l'on fait tourner notre doigt sur un verre. C'est la parfaite métaphore des yeux de verre et le geste circulaire reflète le retour au passé. Estelle se dévoile, physiquement aussi, à son père. Elle lui demande de lui dire qu'il l'aime. Il lui demande pardon. Un cri des bas-fonds surgit " Maman !!!!!!!!!! ". Enfin la délivrance du passé. L'exorcisme est fait. La mère arrive. Voit la scène et dit à son mari d'aller prendre une grande marche. Elle se fait protectrice envers Estelle qui ne demandait que cela depuis toujours. Elle aide sa fille à se revêtir et lui demande d'aller se coucher dans sa chambre en-haut. On sent que quelque chose d'étrange se passe dans la personnalité de Judith. Un déséquilibre vient lui donner le vertige. Elle semble sous une sorte de névrose. Tout en restant très calme. La poupée habituellement mise au centre des trois
vitrines du buffet. Mais Judith la place maintenant dans la première
vitrine. Estelle n'est donc plus le centre ni le nud de la famille.
C'est de toute évidence une sorte de mise en abîme de ce
qui va se passer à la fin de la pièce. Brigitte décide de quitter la maison. Le père veut aller réveiller sa fille. Pendant ce temps, la mère dit à Brigitte de vite quitter la maison. Il revient en hurlant et en pleurant. Les mains tachés de sang. Voilà pourquoi la mère était devenue si protectrice dans la scène précédente. Elle voulait en finir une fois pour toute et son plan était alors amorcé. En mettant sa fille en confiance, elle pouvait mieux parvenir à ses fins et du même coup éliminer le problème qui avait réapparut. Estelle, tassée dans la première vitrine, est maintenant éliminée et ne sera plus au centre de son couple et de sa famille une bonne fois pour toute. Judith, la mère, est une femme d'envergure. Elle s'habille et se coiffe en jeune femme afin de rester jeune et attirer l'attention de son mari distant. Les deux parents font chambre à part. Le prestige est devenue pour elle une soupape. Une porte de sortie rapide et sans douleur. Une façon de geler le passé et de l'ignorer. Elle a toujours vécue dans la névrose. Brigitte, malgré les apparences, est la plus lucide de la famille. Elle est la passion, la fougue et l'amour qui désirent s'exprimer. Mais qui est toujours éteinte par sa famille. Elle est en quelque sorte la conscience de la famille. Brigitte désamorce les situations avec ses farces. Elle a la répartie très facile et rapide. Elle est vive d'esprit. Pour survivre, elle n'a pas le choix, elle doit quitter la maison familiale. Estelle revient afin d'exorciser le silence qu'elle a enfouit si longtemps en elle et qui la tue à petit feu. En se mettant à nue devant son père et en poussant le cri ultime de la délivrance qui sort de ses entrailles elle se libère enfin. Elle tente de se rapprocher de sa mère qui dans son enfance l'a abandonné afin de supprimer sa douleur. Dans sa naïveté, elle mourra tuée par sa mère. Elle voudra protéger sa jeune sur. Se rapprocher d'elle mais il est trop tard. Brigitte ne vie plus dans le passé mais dans le moment présent contrairement aux autres. Il y a 5 personnages importants : le père, la mère, les deux filles et la poupée qui est en fait le centre et l'amorce de toute l'histoire. Le passé revient d'ailleurs parce que Pélopia désire avoir une poupée à son image. Des yeux de verre de Michel Marc Bouchard est une
pièce dramatique teintée d'humour. Cela permet de la rendre
plus légère malgré le sujet qu'est l'inceste. La
mise en scène est extraordinaire et ingénieuse. Le décor
est épuré et représentatif des personnages. Il est
aussi la métaphore de la pièce. Les sons évoquent
les échos du passé. Comme des cillements de névrose.
Les comédiens nous touchent, nous bouleversent. Ils sont tous extraordinaires
et justes dans l'interprétation de leur personnage. Une pièce
riche en émotion de toutes sortes. Lenvie de Catherine-Anne Toupin.
Bravo pour cette pièce audacieuse ! L'envie de Catherine-Anne Toupin est une pièce magnifique. C'est la première et certainement pas la dernière pièce de l'auteure. C'est dans un joli décor épuré et bien pensé que les personnages évoluent sous nos yeux durant 1h20 sans entracte. Le langage est cru. Les scènes sont osées mais justifiées. La musique sert bien de transitions entre les scènes, car nous avons toujours le même décor sous les yeux. Les " black " sont des fondus enchaînés comme au cinéma ce qui permet aux personnages de se mouvoir d'une place à l'autre avec efficacité sans nous distraire ou nous déranger. Il y a beaucoup d'humour. Des situations cocasses nous font rire. Entre autre dans cette partie de la pièce : hôpital - mopital et hotel - motel. Le rythme rapide et saccadé de la pièce demande une écoute active. Il y a un côté voyeur vu la proximité entre les comédiens et l'assistance. Ce n'est pas une pièce pour les yeux et les oreilles prudes. La pièce se termine sur une fin ouverte. Cette pièce ferait un excellent court métrage. L'auteure s'est mise dans la peau d'un homme par le biais du personnage de Patrick. Qui est selon moi le personnage central de la pièce. Ce qui est intéressant. Les acteurs sont excellents. Catherine-Anne Toupin une auteure à surveiller de près. L'envie, une pièce intimiste à voir sans faute.
Blue hart de Caryl Churchill. Mille fois bravo ! J'ai découvert une auteure extraordinaire grâce à Martine Beaulne. Blue hart est une pièce réglée au quart de tour mais les personnages, eux, ont besoin d'être ajustés. Je m'explique. Les personnages joués sous différentes formes évoluent de différentes manières. La même scène revient sans cesse. Et le point de départ est l'arrivée de leur fille. La scène démarre à chaque fois au même point de départ et des dialogues s'ajoutent au fur et à mesure que les scènes se répètent. C'est un éternel recommencement. C'est comme regarder un film et de décider de le regarder à reculons. C'est comme écouter un magnétophone et de décider de l'écouter à reculons par petites secousses très courtes. Une réelle aliénation des personnages mais aussi du spectateur. Mouvements normaux, au ralentis, accélérés et enfin détraqués comme des automates dont les connections électroniques disjonctent. J'ai adoré ce côté absurde de la pièce. La pièce ne n'est pas basée sur le texte mais sur le jeu des comédiens qui sont vraiment extraordinaires. Leur jeu est d'une justesse incroyable ! Leur interaction est vraiment très intéressante. Mais ce qui gênait un peu le jeu par moment, c'est la tendance vers le mime. Certains gestes trop marqués étaient inutiles et parfois même dérangeants. Le jeu de la comédienne Louise Laprade ressemble à Alice au pays des merveilles. Son personnage ressemble à une petite fille qui évolue sur scène comme si elle faisait du ballet. Pourquoi ? J'aimerais bien le savoir ? Car elle détonnait des deux autres personnages. Pour ce qui est de la pièce Cafetière Bleue, elle est tout à fait géniale. Gabriel Sabourin, qui joue dans les deux pièces successivement, est vraiment excellent. Les comédiennes qui l'accompagnent dans le jeu sont tout à fait magnifiques. Cafetière et bleue s'insèrent de plus en plus dans les textes à un point tel que l'on en perd le sens des conversations. C'est génial !! J'aurais aimé avoir pensé faire ça avant l'auteure. Quelle bonne idée ! Et ce qui est délicieux dans cette pièce, c'est lorsque les deux mères se rencontrent. Je ne vous en dit pas plus pur ne pas vous dévoiler le punch. Dans les deux pièces, les personnages évoluent dans une structure et un décor rigides. Carré, couleur neutre qui donne une atmosphère froide. Elle est la métaphore des personnages, froids, individualistes et artificiels. Une 1h30 de pur délice. Merci Martine !
Oncle Vania d'Anton Tchekhov. Le carrousel de la vie. Une forme de huis clos. Le décor est une parfaite métaphore de la pièce. Dans un décor sobre et épuré, l'histoire des personnages est basée sur le temps. D'ailleurs le carrousel où évoluent les personnages tourne dans le sens d'une aiguille d'une montre et à des moments très précis lors des situations charnières de la pièce. Les personnages évoluent aux rythmes des autres malgré eux. Tout ce centre sur ce couple qui s'incruste sans vergogne dans leur vie et dérange grandement leur routine. La musique vient appuyer et ponctuer des moments précis dans la pièce sans être trop présente. Les contrastes se côtoient constamment et cela est mit en évidence dans le décor qui est à la fois un lieu extérieur et intérieur : la beauté physique et la beauté de l'âme. La ville et la campagne. La notoriété et l'incognito. La vieillesse et la jeunesse. Les hauts et les bas de la vie (le carrousel). 12 comédiens / horloge 12 heures. Le carrousel tourne dans le sens des aiguilles d'une montre / marque le temps. Le temps / mouvement de haut et de bas. Une pièce d'actualité car la préservation de la forêt est en quelque sorte au coeur de dilèmme familiale. Oncle Vania revisité sous l'oeil d'un metteur en scène qui nous transmet sans détour sa passion pour Tchekhov pour notre plus grand plaisir.
Incendies. Texte et mise en scène Wajdi Mouawad. La pièce Incendies de Wajdi Mouawad est renversante. Elle nous entraîne dans la vie incroyable d'une femme qui a souffert pendant la guerre. Dans son testament, elle demande à sa fille et son fils de retrouver leur père. C'est donc à travers les nombreux périples de sa fille que nous découvrirons quatre générations de femme. Lire, compter et dire, voilà la liberté ! Cela revient souvent dans la pièce. À commencer par son arrière-grand-mère et sa grand-mère. Le jeu des comédiens est intense et prenant. Le décor, un mur à carreaux de verres opaques, des chaises qui servent également de pierres tombales, donne déjà le ton à la pièce. Densité, flou, froideur. Mais il ne représente pas l'intérieur des personnages qui eux vivent plusieurs incendies de générations en générations. La victime et le bourreau ont un lien très particulier. Et l'on commence à le découvrir lors du procès. Et le résultat est effroyable et provoque un effet de surprise comme une tonne de brique. Mouawad explore l'univers féminin avec un regard direct et intense vers l'âme. Il sait aller directement à l'essence même de la condition des femmes. Une histoire bouleversante, touchante et émouvante de quatre générations de femmes pour qui l'espoir est plus fort que tout. Une pièce qui vous brûle la gorge et qui porte à réflexion. Car elle est encore d'actualité, malheureusement.
Petit déjeuner compris de Christine Reverho. "Petit déjeuners compris" est une pièce magnifique ! Humour, règlement de compte, tromperie et indiscrétion et surtout amour sont les ingrédients qui font que cette pièce nous fait voyager dans la vie de toutes sortes de personnages tout aussi drôle les uns que les autres. Les comédiennes sont tordantes et extraordinaires. Elles manient tellement bien leurs jeux qu'elles réussissent à nous déjouer en campant deux ou trois personnages chacune. C'est extraordinaire !! Marie-Chantal Perron est renversante. Pierrette Robitaille est à mourir de rire. Vraiment, elle est comme toujours époustouflante. Mireille Deyglun est incroyable. Je ne m'attendais pas à la voir jouer de cette façon. Danielle Lépine est superbe. Tant qu'à Véronique Leflaguais que dire de plus que sublime.
Antigone de Sophocle. Antigone est une pièce bouleversante et très d'actualité par les sujets véhiculés dans la pièce. L'ouverture nous met tout de suite dans l'ambiance. Le personnage d'Antigone, merveilleusement joué par Jacinthe Laguë, est le symbole, une peu à la Jeanne D'Arc, de la femme sacrifiée pour ses convictions et ses croyances mais surtout pour son audace et son arrogance face au Roi Créon. Certains personnages sont excellents mais d'autres sont parfois faibles. La scénographie est géniale. Trois lieux significatifs des personnages. L'éclairage est un des éléments important de la pièce. La musique enrobe le tout grâce à une voix chaude et aérienne. Mais j'ajouterais un bémol. Que font les hommes habillés en tailleur d'aujourd'hui ? Avec les femmes habillées en tenue d'époque ça fait de drôles de tableaux. Cet anachronisme dérange et enlève malheureusement une qualité visuelle à la pièce. C'est à croire qu'il ont manqué de budget au département de costume. Mais la pièce vaut grandement le détour.
Antoine et Cléopâtre de Lewis Furey. Antoine et Cléopâtre est une pièce moderne grâce à la danse onmiprésente. Sylvie Moreau est magnifique et plus grande que nature dans le rôle de Cléopâtre. Sa voix est envoutante et augmente de beaucoup le succès de la pièce qui ressemble beaucoup plus à un spectacle de danse qu'à une pièce de théâtre. Ce qui parfois devient très dérangeant.
La Savetière prodigieuse de Federico Garcias Lorca. J'ai adoré cette pièce ! Humour, quiproquos et jeux d'acteurs magnifiquement menés. Mais Nathalie Mallette fut pour moi une véritable révélation. Une voix ravissante qu'on aimerait bien entendre un jour sur un CD. On peut espérer. En attendant on peut entendre sa magnifique voix sur l'album d'André Gagnon "elles chantent...". (Photo non disponible) Une pièce de théâtre complètement sauté !!! Les comédiens sont extraordi-naires. Leur performance est à couper le souffle. Du rire du début à la fin. Toutefois, il y a un bémol. Le texte n'est pas très fort. Mais heureusement, les comédiens nous font vite oublier cette lacune. À voir absolument !!!
Photo : Yves Renaud Cabaret Livret de Joe Masteroff. Décadence, frivolité, manipulation, espoir et amour. Voici des ingrédients parfaits pour un cocktail explosif. Comme des edelweiss, les personnages tentent de se sortir de la crise économique et de l'envahissement éminent d'Hitler. Tous les moyens sont bons pour oublier ce qui se passe à l'extérieur. Et le Kit Kat Klub est le lieu de prédilection. "Cabaret" est une pièce très audacieuse, percutante et amusante. François Papineau est vraiment incroyable dans son personnage de maître de cérémonie. Ses jeux sur scène et ses "travestissements" méritent des applaudissements. Sa présence en tant que spectre, qui sort silencieusement du noir, nous glace le sang. Il est vraiment très très très impressionnant. Sylvie Moreau est excellente et surprenante. Elle dégage beaucoup de sensibilité et de sensualité dans ses gestes et ses regards surtout. Son personnage timide révèle une fragilité de l'être dans un monde menaçant. Les autres comédiens sont excellents. La finale m'a cloué sur mon siège. Applaudire des acteurs entrant dans le four crématoire pendant qu'on voit, en haut de leur tête, sur grand écran d'immenses attroupements de fanatique d'Hitler. Ça glace le sang. Pour moi, c'est un peu paradoxal. Je n'ai pas applaudi pendant ses images. Et tant et aussi longtemps qu'elles y étaient. Pour moi, c'était inconcevable. J'ai attendu la fin pour le faire. Par respect. Tout simplement. Je sais. Ce n'est qu'une pièce de théâtre. Mais les images n'en étaient pas. Elles sont vraies. Et elles le sont encore dans la mémoire des victimes de cette monstrueuse partie de notre beau et grand siècle. Alors, comment peut-on applaudire ainsi, sans conscience, les comédiens pendant que ces images qui défilent ? Le feriez-vous ? Élisabeth Chouvalidzé a une présence incroyable. Dès son apparition sur scène, j'ai eu l'impression de voir la grande Marlène Dietrich. La ressemblance est renversante. "Cabaret" est une pièce sensuelle, sexy mais surtout d'une grande intelligence.
Les Reines La pièce Les Reines est une pièce géniale ! La distribution est très magnifique. Elles sont toutes extraordinaires mais une d'entre elles se démarque furieusement, il s'agit de la comédienne Christiane Pasquier. Quelle performance !! Chacune d'elle dégage une énergie bien à elle, mais Christiane Pasquier est bouleversante de vérité. La scénographie est superbe. Enfin du vrai théâtre sans micro et avec un décor recherché et original. Mais j'apporte malheureusement un bémol à la pièce. Que dire des bruits sonores qui laissent à désirer et qui sont invraisemblables et de la figure de Mickey Mouse qui apparaît subtilement et en gros plan dans la fausse neige qui trône sur la scène. Mais vraiment il ne faut pas prendre les spectateurs pour des idiots. Mais heureusement que tout le reste était parfait.
Loulou sur le chemin de Compostelle de Margaret McBrearty. Pour aller sur la page de Loulou, cliquez ici. Vraiment, Margaret McBrearthy s'est surpassée ! Elle est complètement bouleversante dans son tout nouveau spectacle " Loulou sur le chemin de compostelle ". C'est dans un décor très simple, mais combien symbolique, et sous un éclairage feutré que Margaret McBrearthy nous révèle la grande quête de Loulou. La mise en scène est de Marie-Josée Forget. Selon moi, et de toute évidence, nous aurons le bonheur de revoir Marie-Josée et Margaret retravailler en tandem car elles ont une très belle complicité. L'interaction que Margaret a avec les spectateurs fait en sorte qu'ils deviennent complices de la quête de Loulou. Tous les personnages interprétés par Margaret sont très colorés et incarnés avec une grande maîtrise. Parfois on rit. Parfois on a la boule dans la gorge. Mais toujours, on est touché par la performance de Margaret McBrearthy. Lorsque l'on sort de la salle, on est énergique. Et aussi bouleversé. Bref, on en ressort imprégné. C'est une pièce extraordinaire que vous devez voir ABSOLUEMENT ! |
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